dimanche 4 janvier 2009

La crise: crise de confiance ou crise réelle 2

J'avais déjà écrit un article avec ce titre .

Cela concernait à l'époque surtout Lehman Brothers et le début de la crise financière.

Tous les journaux parlent aujourd'hui de la "crise réelle".

Il est clair que l'annonce de la crise a un effet de "prophétie autoréalisatrice".

En effet, si les agents économiques croient que la crise va arriver, ils vont dépenser moins: les ménages vont reporter leurs achats, les entreprises vont reporter leurs investissements, les banques vont prêter moins, les entreprises vont produire moins, les entreprises vont reporter les engagements de personnel, voire licencier, etc.

Le résultat? Un ralentissement de l'activité économique, plus de chômage.

Avec comme résultat? Que cela va aller plus mal. Et que les agents seront encouragés dans leurs prédictions négatives...


Soyons réalistes.

Dans notre pays, quel est le risque réel?

Si l'on considère que la consommation des ménages est le point de départ (s'ils consomment plus, il faut produire plus, donc engager plus et investir plus), quel est le risque d'une perte importante du pouvoir d'achat?

D'une part, il y a le risque d'inflation. Risque qui est aujourd'hui quasi inexistant.

Risque de diminution des revenus? Une baisse des salaires est chez nous impossible. Quant aux pertes d'emploi, même si le risque est réel, il est tout de même limité, vu le nombre de fonctionnaires nommés à vie ou presque et vu les protections du travail qui rendent les licenciements tellement chers que l'employeur réfléchit à deux fois avant de licencier.

Bien sûr, il y a une tranche de la population qui est exposée. Mais cette tranche de population n'est pas celle dont les dépenses sont tellement élastiques.

Le pouvoir d'achat a d'ailleurs augmenté de 3 % en 2008!

Bien sûr il y a des secteurs qui souffriront plus que d'autres.

Que faire alors?

Mieux informer la population. Redonner confiance. Mais au delà des mots. par des gestes forts.

L'Etat a un rôle à jouer. Quelle que soit la vision que l'on a du rôle de l'Etat d'ailleurs.

Pour simplifier, l'Etat régulateur de l'économie a deux options principales. ce que l'on appelle la relance de l'offre et la relance de la demande.

Dans les deux cas, il s'agit d'accepter à court terme un déficit du budget de l'Etat, avec le pari que ce déficit sera amorti dans le moyen terme.

Agir sur l'offre consiste à diminuer les charges des entrepreneurs. Comme produire leur coûtera moins, ils pourront diminuer leurs prix et vendre plus. On espère que les taxes (au sens large) compenseront la baisse des charges. C'est à dire que l'on se dit qu'il vaut mieux percevoir 45 % de 120 que 50 % de 100...

Agir sur la demande consiste à augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs. Avec le même espoir. Les consommateurs achèteront plus, donc les entreprises produiront plus, etc. Agir sur la demande peut se faire aussi par des dépenses supplémentaires de l'Etat, par exemple des "grands travaux"

Dans les deux cas, le danger est évidemment que les entreprises ne redistribue pas le gain fiscal (elles augmentent leur bénéfice et c'est tout) ou que les ménages n'augmentent pas leur consommation mais augmentent leur épargne (ou diminuent leurs dettes).

Le gouvernement belge (tout comme la gouvernement wallon d'ailleurs) semble donc choisir la politique de l'augmentation de la demande en finançant des grands travaux.

La raison de ce choix est double:

D'une part les résultats sont plus rapides. En effet, la relance par l'offre prend un peu plus de temps. Dommage parce que cette relance a un effet à plus long terme.

D'autre part, l'Etat peut donc choisir les domaines qui lui semblent devoir profiter en premier lieu des budgets alloués à cette relance. De plus l'Etat peut cibler sur les revenus les plus faibles, car une augmentation de leur pouvoir d'achat aura plus rapidement comme conséquence une augmentation de leurs dépenses. (voir les recommandations du FMI)

On peut se poser la question si l'Etat est le mieux à même pour déterminer les secteurs qui doivent être favorisés. Ce serait le cas si l'Etat faisait des choix à long terme: par exemple investir cet argent dans la recherche, dans l'éducation, dans la formation.

Mais malheureusement, les politiques les plus courantes sont de commencer des grands travaux, peut-être parce que le slogan "quand le bâtiment va, tout va"?

3 commentaires:

Paul Vanden Boeynants a dit…

Je suis d'accord avec... heu... avec rien en fait...

himself a dit…

"il s'agit d'accepter à court terme un déficit du budget de l'Etat"

Suis perplexe sur ce point.

Echocynique a dit…

Perplexe?


J'ai essayé de ne pas prendre position dans le billet.

Je suis en fait partisan d'une relance par l'offre. Et dans un premier temps, cela peut amener à un déficit de l'Etat. Parce que baisser les impôts et autres charges déguisées est "facile". Diminuer les dépenses peut être plus difficile.

mais je me dis qu'un Etat qui ponctionne 50 % des richesses produites, peut décider utilement de passer à 40 %.

C'est donc accepter à court terme un déficit de l'Etat. Avec le pari que des activités créatrices de richesses naîtront, ce qui permettra à l'Etat de diminuer ces dépenses en supprimant par exemple les emplois "destructeurs de richesse".

Une autre piste à étudier (sujet d'un de mes prochains billets?) est la diminution des "coûts cachés" de l'administration. Si les entrepreneurs économisaient quelques millions d'euros ensemble parce que la paperasserie diminue, ils pourraient soit investir cette somme dans des machines, soit dans du personnel, soit dans des recherches.

Cela n'augmenterait pas le déficit de l'Etat et relancerait l'économie.