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mercredi 4 février 2009

Le secteur privé a détruit 522.000 emplois en janvier (ADP)

Un titre de l'Echo.

Au fond, le secteur public il détruit combien d 'emplois chaque année?

dimanche 4 janvier 2009

La crise: crise de confiance ou crise réelle 2

J'avais déjà écrit un article avec ce titre .

Cela concernait à l'époque surtout Lehman Brothers et le début de la crise financière.

Tous les journaux parlent aujourd'hui de la "crise réelle".

Il est clair que l'annonce de la crise a un effet de "prophétie autoréalisatrice".

En effet, si les agents économiques croient que la crise va arriver, ils vont dépenser moins: les ménages vont reporter leurs achats, les entreprises vont reporter leurs investissements, les banques vont prêter moins, les entreprises vont produire moins, les entreprises vont reporter les engagements de personnel, voire licencier, etc.

Le résultat? Un ralentissement de l'activité économique, plus de chômage.

Avec comme résultat? Que cela va aller plus mal. Et que les agents seront encouragés dans leurs prédictions négatives...


Soyons réalistes.

Dans notre pays, quel est le risque réel?

Si l'on considère que la consommation des ménages est le point de départ (s'ils consomment plus, il faut produire plus, donc engager plus et investir plus), quel est le risque d'une perte importante du pouvoir d'achat?

D'une part, il y a le risque d'inflation. Risque qui est aujourd'hui quasi inexistant.

Risque de diminution des revenus? Une baisse des salaires est chez nous impossible. Quant aux pertes d'emploi, même si le risque est réel, il est tout de même limité, vu le nombre de fonctionnaires nommés à vie ou presque et vu les protections du travail qui rendent les licenciements tellement chers que l'employeur réfléchit à deux fois avant de licencier.

Bien sûr, il y a une tranche de la population qui est exposée. Mais cette tranche de population n'est pas celle dont les dépenses sont tellement élastiques.

Le pouvoir d'achat a d'ailleurs augmenté de 3 % en 2008!

Bien sûr il y a des secteurs qui souffriront plus que d'autres.

Que faire alors?

Mieux informer la population. Redonner confiance. Mais au delà des mots. par des gestes forts.

L'Etat a un rôle à jouer. Quelle que soit la vision que l'on a du rôle de l'Etat d'ailleurs.

Pour simplifier, l'Etat régulateur de l'économie a deux options principales. ce que l'on appelle la relance de l'offre et la relance de la demande.

Dans les deux cas, il s'agit d'accepter à court terme un déficit du budget de l'Etat, avec le pari que ce déficit sera amorti dans le moyen terme.

Agir sur l'offre consiste à diminuer les charges des entrepreneurs. Comme produire leur coûtera moins, ils pourront diminuer leurs prix et vendre plus. On espère que les taxes (au sens large) compenseront la baisse des charges. C'est à dire que l'on se dit qu'il vaut mieux percevoir 45 % de 120 que 50 % de 100...

Agir sur la demande consiste à augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs. Avec le même espoir. Les consommateurs achèteront plus, donc les entreprises produiront plus, etc. Agir sur la demande peut se faire aussi par des dépenses supplémentaires de l'Etat, par exemple des "grands travaux"

Dans les deux cas, le danger est évidemment que les entreprises ne redistribue pas le gain fiscal (elles augmentent leur bénéfice et c'est tout) ou que les ménages n'augmentent pas leur consommation mais augmentent leur épargne (ou diminuent leurs dettes).

Le gouvernement belge (tout comme la gouvernement wallon d'ailleurs) semble donc choisir la politique de l'augmentation de la demande en finançant des grands travaux.

La raison de ce choix est double:

D'une part les résultats sont plus rapides. En effet, la relance par l'offre prend un peu plus de temps. Dommage parce que cette relance a un effet à plus long terme.

D'autre part, l'Etat peut donc choisir les domaines qui lui semblent devoir profiter en premier lieu des budgets alloués à cette relance. De plus l'Etat peut cibler sur les revenus les plus faibles, car une augmentation de leur pouvoir d'achat aura plus rapidement comme conséquence une augmentation de leurs dépenses. (voir les recommandations du FMI)

On peut se poser la question si l'Etat est le mieux à même pour déterminer les secteurs qui doivent être favorisés. Ce serait le cas si l'Etat faisait des choix à long terme: par exemple investir cet argent dans la recherche, dans l'éducation, dans la formation.

Mais malheureusement, les politiques les plus courantes sont de commencer des grands travaux, peut-être parce que le slogan "quand le bâtiment va, tout va"?

dimanche 2 novembre 2008

La BCE va baisser son taux

Selon l'Echo, c'est presque une certitude.


Le plus piquant c'est la longue justification:

La BCE veut absolument donner l'impression que seule l'inflation la préoccupe.

Deux réflexions:

1. L'accélération et la décélération de l'inflation ne semblent pas avoir été une conséquence des modifications des taux d'intérêt. En effet, si la BCE baisse ses taux, mais que le marché bancaire ne suit pas (dans leurs prêts interbancaire et dans les prêts accordés aux autres agents économiques), cela ne sert à rien. De plus, l'inflation était due à des éléments externes, principalement le pétrole et les matières premières.

2. Un effet de bord de la hausse du taux d'intérêt est le ralentissement économique. La BCE porte encore le traumatisme de l'hyper inflation.

Il serait donc peut-être temps de revoir les objectifs de la BCE. Accepter un taux d'inflation de 5 ou 6 %, afin de conserver l'emploi, ne nous semble pas une hérésie.


Voir aussi les autres billets sur la politique et les objectifs de la BCE

samedi 1 novembre 2008

Quelques perles

Sur le site vidéo de rtl (ils feraient bien de rediriger automatiquement du site rtl à l'infini), une interview de Bruno Colmant, CEO d'Euronext.

"Euronext est la seule société qui a bien fonctionné ces derniers jours"
Alors que l'on annonce une restructuration en ...Europe.

"Le gouvernement a pris les bonnes décisions. Le capital à risque..est du capital que l'on place avec du risque"

De nouveau, amalgame manipulateur. Les actionnaires lésés de Fortis ne demandent pas à l'Etat de les indemniser de la chute du cours jusqu'à 5.4 €, mais bien des décisions absurdes qui ont mené l'action à 0.88 €

"L'UE a pris ds mesures concertés qui montrent à quel point cette institution est forte"

Faudrait relire la presse alors. Les pays-Bas ont montré leur solidarité avec la Belgique. Les montants garantis sont-ils les mêmes partout? Solidarité vis à vis du Luxembourg accusé de paradis fiscal? Mesures prises pour sauver les banques? Il n'ya même pas eu de cohérence pour les 4 banques belges, c'est dire.


Dommage que le journaliste n'ait pas rectifié!

jeudi 30 octobre 2008

Les banques centrales peuvent-elles gérer la crise?

Nous avions fait état du billet sur economiques.eu sur la difficulté des banques centrales de prendre les bonnes décisions au bon moment.

Pour la FED, c'est en tout cas assez clair. A 1 %, le taux ne peut plus descendre énormément. Bien que l'on ait vu au Japon et en Suisse des taux d'intérêt négatifs. Ce qui n'est pas nécessairement absurde, cela encourage la consommation.
De plus la FED devra être très prudente. Si l'économie reprend, elle devra réagir très vite pour éviter une inflation importante et peut-être une nouvelle bulle spéculative.

La BCE a plus de marge de manoeuvre, écrit l'Echo dans son éditorial. C'est vrai que la BCE avait augmenté ses taux en juillet avant de prendre connaisance des chiffres de la quantité de monnaie...

Le problème du taux, c'est qu'une baisse peut avoir une série de conséquences:
1. Elle peut, si les banques et les agents économiques suivent, influencer la consommation et l'investissement.
2. Elle peut relancer l'inflation.
3. Elle peut dégrader la balance des paiements
4. Elle peut favoriser une bulle spéculative (si c'est l'immobilier, il y a un effet positif, en tout cas à court terme), si ce sont des actifs non productifs comme l'or, pas (peu) d'effet sur l'économie, si ce sont les matières premières, effet négatif.
5. Elle peut avoir un effet négatif sur le cours de change.

Il est donc primordial que les banques centrales et les Etats utilisent d'autres outils. Sachant que certains, comme les déficits publics, sont "interdits" par les critères de convergence de l'Euro.

Nous verrons ce que l'UE proposera en fin novembre.

mardi 28 octobre 2008

Dans KBC, l'Etat s'en sort bien

Update: voir les commentaires, je ne suis plus tellement sûr que l'Etat s'en sorte si bien!




Les nouvelles actions (il s'agit en l'occurrence des "titres de créance") seront émises au prix moyen des trois dernières séances boursières, soit 29,50 euros, et pourront être remboursées soit en cash, soit en actions ordinaires. Elle donneront droit à un coupon annuel qui sera le montant le plus élevé entre 2,51 euros par titre (correspondant à un taux d'intérêt de 8,5%) et 105% du dividende payé sur les actions ordinaires pour 2008, 110% pour 2009 et 115% pour 2010, a indiqué André Bergen

Minimum 8.5 %!

Ou bien est-ce 0 dans le cas où aucun coupon n'est versé?
Dans ce cas, KBC a intérêt à ne distribuer aucun coupon pendant 3 ans.

Dans ce cas, l'Etat ne percevrait que la plus value (échange contre des actions ordinaires et ensuite revente en bourse)

Curieux de voir la réaction des actionnaires de la KBC, surtout que ce sont de "gros" actionnaires.

BCE, FED: privé ou public?

Je reprends ici un billet paru sur economiques.eu: FED, BCE, privé ou public?



On a déjà beaucoup parlé des causes de la crise.

Certains accusent le système libéral (même le système capitaliste!), d'autres l'intervention de l'Etat.

Je me pose tout de même la question de savoir si les banques centrales sont du domaine privé ou public.

La FED a été créé près le traumatisme de 29, le FMI et la Banque mondiale ou la BRI après la deuxième guerre.

L'objectif était d'éviter les crises dues au "libéralisme sans contrôle".

Il est futile de se poser la question si cette politique était libérale ou socialiste. Les libéraux, je préfère dire les (néo)classiques croient à l'autorégulation du marche à condition que celui-ci soit (presque) parfait.

Mais quelle est la responsabilité des banques centrales dans la crise? Quand on comprend les difficultés des banques centrales d'anticiper les chocs, de comprendre les chocs et ensuite de prendre les bonnes décisions. Quand on sait ensuite les difficultés que ces décisions aient les effets escomptés, par exemple la baisse des taux qui doit relancer le crédit interbancaire. Quand on sait et comprend tout cela, on mesure le risque que les décisions soient prises à contre temps.
Voir par exemple le colloque international de la BNB ou les décisions de la BCE.

Une analyse de Fortis fait remonter les causes de la crise à la bulle technologique, au 11 septembre. Pour éviter un "credit crunch", la FED a baissé ses taux de manière que l'on peut juger aujourd'hui, d'inconsciente?

On peut alors se demander si la crise actuelle n'est pas due justement à cette tentative d'amortir le choc. Un peu comme un barrage de retenue des eaux qui aurait évité pendant 10 ans de petites inondations et qui aujourd'hui n'arrive plus à retenir les milliard de mètres cubes d'eau accumulés.

Avec le problème supplémentaire de l'alea moral. Un peu comme si tout le monde supprimait son propre petit barrage, sachant que l'Etat avait construit un super barrage.

Car, répétons-le, même si nous ne l'avons pas dit clairement, le taux d'intérêt, donnée essentielle du capitalisme, n'est pas déterminé par le marché, mais par les banques centrales.

Quel est peut-être l'enjeu?

1. Augmenter la régulation: cela ne peut se faire qu'en analysant si la régulation des banques centrales et des Etats n'a pas été pro cyclique. En se posant la question de savoir si cette régulation ne va pas ralentir le bien être.

2. Diminuer ou en tout cas revoir fondamentalement les mécanismes de contrôle. Et peut-être surtout accepter que le capitalisme ou le libéralisme doit pour augmenter le bien être passer par des moments difficiles. Et au lieu d'éviter, plutôt d'esayer désespérément d'éviter des petites crises, au prix de crises beaucoup plus désastreuses, accepter ces crises en aidant ceux qui en souffrent le plus.

C'est un choix extrêmement difficile. mais qui doit être fait consciemment.

lundi 27 octobre 2008

L'euro sous 1,24 dollar : un plus bas depuis avril 2006

La BCE ne sait plus que faire.

Lorsque la quantité de monnaie (M3) diminuait en juin, elle a augmenté son taux d'intérêt en juillet. Alors que la crise financière montrait son nez, elle a maintenu son taux.

Et puis, elle a bien été obligée de le baisser, alors que l'Euro baissait.

Cette baisse du taux d'intérêt a comme conséquence une baisse de l'euro vis à vis du dollar.

Soyons juste, ce n'est pas la seule raison: on s'attend à une récession plus longue en Europe qu'aux USA.

Mais peut-être parce que le marché a compris que la BCE faisait de l'inflation son "premier" objectif et que les autres objectifs ne peuvent se faire "au détriment" de l'objectif d'inflation.

Il serait peut-être temps que la BCE comprenne qu'une inflation de 5 ou 6 %, même si elle n'est pas souhaitable, n'a rien à voir avec l'hyperinflation de l'Allemagne (3.000.000 %). Entre 5 et 3.000.000, on a de la marge!


PS: Je n'ai évidemment pas comparé avec le Zimbabwe qui avait pris une mesure radicale: diviser son ancienne monnaie par 10.000.000.000 ...
Ce qui rend les comparaisons ... difficiles:
"Le 1er août 2008, la Banque centrale du Zimbabwe a supprimé 10 zéros de sa monnaie. Le nouveau dollar, code ISO "ZWR" a été introduit sur la base d'un ZWR = 10 milliards de ZWD.
Les rétrospectives sur le site avant le 1er août 2008 ne seront pas recalculés en ZWR, car il est impossible de diviser les cours par 10 milliards."
L'inflation est estimée à 531 milliards de %. Ce qui ne représente plus grand chose, sauf quand on se rend compte que cela signifie un triplement des prix chaque semaine. Un site montre l'augmentation en temps réel d'une bouteille de bière, mais je ne sais pas le taux d'inflation qui est utilisé.

lundi 20 octobre 2008

Fortis; volume record

En une semaine (mardi à lundi), environ 17% des actions "ont changé de mains".

Entre guillemets, car les volumes échangés ont peut-être fait un aller retour.

cela fait tout de même environ 400.000.000 titres, et (estimation) environ 80.000 ordres de vente.

Il faudra voir demain mardi, puisque les cours des 5 premiers jours sont importants pour la "valorisation" du "bonus" de l'Etat pour les petits actionnaires de Fortis.

lundi 13 octobre 2008

Fortis definition du petit actionnaire

Lire aussi l'analyse du communiqué de l'Etat belge concernant Fortis.

Lorsque que l'Etat belge a émis son communiqué concernant le warrant pour les "petits" actionnaires, il est apparu difficile de définir le "petit" actionnaire.

Nous allons donner quelques pistes. Peut-être est-il encore temps?

1. Critères objectifs et incontestables:

1.1. La taille: "Est un petit actionnaire celui dont la taille au 10/10/2008 ne dépasse pas 1,5 m, de la plante des pieds au sommet de la tête nue, chevelure non comprise"
C'est un critère objectif, sans contestation possible.
Mais comme tout critère objectif, il sera refusé car discriminatoire.

1.2. Le lieu d'habitation: "Est considéré comme petit actionnaire, toute personne habitant au 10/10/2008 un quartier ayant été considéré comme quartier pauvre lors de la dernière étude en 1990".
C'est vrai, c'est absurde comme critère. Il ne peut servir que comme critère dans l'enseignement, là personne ne le trouve absurde.

1.3. Les revenus de l'année précédente: "Est considéré comme petit actionnaire celui dont les revenus ne dépassent pas le montant exorbitant de 30.000 € par an, brut".
Puisque c'est le montant à partir duquel on paye le taux marginal le plus élevé, c'est que ce salaire est exorbitant.
L'avantage de ce critère est que l'Etat fera des économies. Par définition la propension à investir en actions augmente avec le revenu disponible et donc peut-être que seuls 30 ou 40 % des actionnaires rempliront cette condition.

1.4. Uniquement les allocataires sociaux: Ici, c'est simplement se rendre compte que l'Etat est là pour ponctionner les "riches" et redistribuer la richesse aux personnes qui en ont besoin. Tout comme les réductions pour les crèches, les réductions d'impôts, les réductions pour la culture, ...; que l'Etat aide uniquement les allocataires sociaux. C'est son rôle.
Avanatage pour l'Etat: il fait bonne figure vis à vis de ce groupe et cela ne lui coûtera presque rien. "Presque" parce que l'on serait étonné du ombre d'allocataires sociaux qui ont un portefeuille (d'actions) bien garnis.

1.5. On distribue 1 milliard de warrants. Pour respecter l'égalité, ces warrant sont distribués en échange de coupons à partir du 18/10/2008 au Ministère des Finances.
On a déjà prévu l'accueil des plus courageux à partir du 13/10.
Oui je sais, c'est absurde aussi. Pourtant une ministre a appliqué cette idée. Je vous assure.

1.6. Les personnes s'inscrivent sur une liste. Ensuite on tire au sort un numéro. Sept méthodes différentes pourront être utilisées au choix du fonctionnaire: soit on distribue les warrants dans l'ordre croissant des numéros, soit dans l'ordre décroissant, soit en prenant un numéro sur 18, ...
L'avantage est que la méthode existe déjà et est décrite en 28 pages dans la note d'application du décret mixité.
Le premier qui dit que c'est absurde va avoir à faire avec le ministre Dupont!

1.7. Le niveau d'étude: comme il est clair que toute personne sensée aurait dû comprendre qu'il n'y a qu'en Belgique que l'on décide de vendre une de ses plus grandes banques à l'étranger, tout en prenant des participations dans une banque étrangère (et il paraît que ce modèle va être suivi), il fallait avoir un niveau d'instruction très faible pour faire confiance à l'Etat. Donc seuls ceux qui ont au maximum un diplôme d'humanités inférieures peut recevoir ces warrants.
Me semble un excellent critère.

1.8. Critères de date
On va d'abord choisir une date à laquelle il fallait être actionnaire. Cela éliminera une partie de ceux-ci. Mais quelle date retenir? Le 1/1? Arbitraire. Le 6 août? Très bonne date. Et hautement symbolique. Surtout pour un quinquagénaire. Mais d'autres seraient jaloux. 21/9/2007, date à laquelle le prix de l'augmentation de capital a été fixé? Pourquoi pas. On pourrait aussi prendre la date de l'annonce de la reprise d'ABN AMRO, ou l'augmentation de capital pour faire entre Ping An, ou la dernière AG...les dates objectives ne manquent pas.

2. Critères subjectifs
2.1. Critères de date
Il faut choisir une date où le cours n'est pas trop élevé puisque ce cours déterminera, selon un système très compliqué, le maximum que l'actionnaire recevra. Il faut donner l'impression de rigueur, donc un début ou une fin de mois. On a choisi le début des vacances. Pourquoi pas.

2.2. Nombre d'actions
1.000? 10.000? 2.347?
Le nombre en soi n'est pas très important. C'est de toutes façons de l'arbitraire pur.
Prenons, un nombre au hasard. 5.000? Pourquoi pas.
5.000 actions achetée par un jeune de 30 ans, au cours le plus haut de 30 Euros, pour diversifier son portefeuille (10 % en actions financières, dont le 1/4 en Fortis). Ce jeune homme a donc investi 150.000 Euros en Fortis, et 6.000.000 € au total dans son portefeuille d'actions. Petit?

5.000 actions achetées par un pensionné. Il avait une assurance groupe qui est échue en juillet 2008. Il a investi, confiant qu'il était dans notre banque (presque) belge la moitié de son capital. Son capital est donc de 100.000 euros, 50.000 investis dans Fortis. Ces 100.000 euros représentent, outre la part patronale, les 30 € qu'il a investis chaque mois, en bon citoyen, pour assurer ses vieux jours. Grand actionnaire?

En deux exemple, extrêmes, on mesure l'absurdité de ce critère.

2.3. Critère de nationalité
Eliminons les étrangers (non européens s'entend, sinon on peut pas). C'est vrai que c'est une indemnisation par rapport au préjudice que l'Etat a fait subir à tous les actionnaires. Mais les étrangers ne votent pas. Pardon, les étrangers qui vivent en Belgique votent? Bon, cela s'applique à eux aussi.

2.4. Type de personnes
Seules les personnes physiques.
Donc pas les SICAVS, les fonds de pension, les asbl, les fondations, les clubs d'investissement?...
Je me demande d'ailleurs si le détenteur d'une SICAV n'est pas le propriétaire des actions (proportionnellement à son nombre de parts) de la SICAV...
Cela veut-il dire que les détenteurs de SICAVs sont de vils spéculateurs?


Redevenons sérieux....

La solution toute simple? Equitable? Honnête?

Quoi, elle existe?

Mais oui: Fortis Holding reçoit les actions que le gouvernement a acquises en échage d'une émission d'actions. Point. C'est tout.

Aussi simple que cela?

Mais trop simple sans doute?


Lire aussi:Collateral: La Belgique invente l'actionnariat à géométrie variable!!

dimanche 12 octobre 2008

Fortis: comment l'Etat prend des décisions pour le moins étonnantes

Lire aussi une analyse du communiqué de l'Etat belge sur son intervention pour les actionnaires de Fortis.


Quelques liens à la fin du billet
update 12/10 à 17.10: Il est clair qu'une action de Deminor/Test Achats s'impose.
Selon l'Echo, (update à la lecture du communiqué)
1. les personnes physiques, et elles seules, pourront demander un bon de réduction une part du fonds( j'avais copié collé le site de l'Echo!) pour un maximum de 5.000 actions.
2. l’actionnaire devra apporter la preuve qu’il avait l’action en sa possession au 1er juillet 2008.
3. Chaque titulaire d’un coupon recevra le 1er juillet 2014 (...)la différence entre 10 euros et la moyenne des cours de clôture des 5 premiers jours à partir de la reprise de la cotation au maximum. Au minimum ce sera ...0

Concernant le point 1/
Ok pour les personnes physiques, encore que je me pose encore la question de savoir pourquoi cette discrimination. Qu'en est-il des clubs d'investissement? Qu'en est-il des SICAV?, Qu'en est-il des ASBL ou des fonds à but social?
"petits" 5.000 actions? Et ceux qui ont placé leur assurance groupe quand l'action était à 10 €? 50.000 €, est-ce une fortune?

Quant au point 2, cela me sidère. On pénalise ceux qui ont voulu aider Fortis an consolidant leur portefeuille. On favorise ceux qui ont précipité la chute en vendant leurs actions en panique. Il faut aussi prouver que l'on possédait encore les actions au 3/10

Et pour le point 3, c'est le délire. Parce que les actionnaires actuels ont tout avantage à vendre leurs actions, quitte à faire baisser le cours en dessous de 10 cents, puisque ce qu'ils perdent en vendant, ils le récupèrent dans le fond. De plus, cette valeur maximum est diminuée entre autres des "moins values" que l'Etat enregistrerait dans le "véhicule" qui reprendra les actifs à risques. Mais en cas de plus value, rien!
De plus, c'est un placement extrêmement risqué qui s'apparente au reverse convertible: la perte est illimitée et le gain limité. Monsieur Reynders, avez-vous établi le "profil de risque" de ces actionnaires?

Revue de presse du lundi 13/10
"Le règlement de l'Etat est illégal" (Liste De Decker dans le Tijd)
"Le VEB demande un geste de l'Etat néerlandais vis à vis des actionnaires de Fortis" Dans le genre de celui de l'Etat belge, vu que l'Etat néerlandais a aussi spolié les actionnaires.(dans le Tijd)
"VFB: solution mauvaise et inacceptable" (dans le Tijd)
"Deminor et Test achats demandent plus de clarté" (dans l'Echo)

lundi 6 octobre 2008

Fortis, la valeur de l'action et la bourse

A10.15,

Le carnet d'ordre montre un cours d'équilibre de 2.81 €, alors que les estimations de valeur varient entre 3.5 et 4 euros.

L'estimation de valeur est rationnelle.

Le cours de bourse n'est pas rationnel.

Comme toujours, c'est l'avenir qui donnera raison soit au marché soit aux analystes.

L'idée de suspendre les transactions ce lundi matin est évidemment une bonne idée.

Il faut que chacun se calme avant de prendre des décisions que l'on pourrait regretter après.

La bourse semble considérer l'opération de la BNP comme positive en tout cas. A Paris, l'action se maintient dans un marché baissier (le CAC 40 perd plus de 5 % au moment d'écrire ces lignes)

Lire aussi l'analyse de l'action de l'Etat belge pour "protéger les petits actionnaires"

vendredi 3 octobre 2008

BFM, vraiment fini pour 9 ans?

C'est ce qui semblerait en lisant L'Echo en ligne.


Vraiment dommage: ces derniers jours j'aurais aimé pouvoir écouter BFM pour avoir un vrai décryptage de l'info.

Je ne suis pas le seul.

mercredi 1 octobre 2008

La BCE peut-elle encore agir sur le taux?

Nous avions écrit que la BCE devait faciliter le crédit en baissant ses taux.

Or elle les a augmentés en juillet.

Quand on voit les taux que banques appliquent entre elles et quand on voit l'afflux de liquidités à la BCE, on peut se poser deux questions:
1. La BCE "détruit" pas mal de monnaies en laissant ces montants affluer.
2. Peut-elle encore influencer les taux? Ces taux, que ce soient les taux des prêts hypothécaires, les prêts interbancaires, ou les autres sont élevés à cause de la prime de risque.

Que la BCE essaye tout de même d'arrêter d'assécher le marché monétaire en baissant ses taux.

Bientôt il sera trop tard.

Update 2/10: La FED elle pourrait encore baisser ses taux!
Et Le Grand Barnum: Depuis la 2e guerre mondiale ...

mardi 30 septembre 2008

Et si la meilleure réaction pour Fortis, dexia, KBC et autres était de ne rien faire?

Au fond, ne sont-ce pas toutes les interventions qui nuisent aux banques plutôt que de leur faire du bien?

Et si l'on se trompait?

Et si la meilleure solution était, quoi qu'en disent certains, de laisser faire le marché?

Ou peut-être comme l'Irlande de seulement garantir les prêts?

Lire aussi L'Etat dans Fortis, une bonne idée?

lundi 29 septembre 2008

Le Grand Barnum: Fortis partiellement nationalisée

Réflexions intéressantes sur Fortis.


Le Grand Barnum: Fortis partiellement nationalisée


Il est tout content l'ami Elio. Il peut parler de "la faillite du système libéral", de "l'auto-régulation", de la "corporate governance". [et] demander une véritable régulation "en amont" de l'économie de marché,"


Faudra que l'on m'explique "régulation en amont de l'économie de marché". Comme en URSS ou comme à Cuba. Il commence à me faire autant rire que l'ami Happart (Daerden, il rit tout seul alors,...).

Au fond, il a raison Elio. Je dirais même qu'il faut punir en amont. La sanction avant l'acte. un peu comme les grèves du 6 octobre: rien n'est décidé, mais on punit déjà les patrons (et surtout les "travailleurs") de ce qu'ils pourraient oser faire.

Fortis, l'Etat injecte 4.7 milliards en belgique

Et des privés lancent un appel pour que l'on dépose des fonds chez Fortis. C'est en Hollande.

dimanche 28 septembre 2008

Les actionnaires de Fortis, une nouvelle fois trompés et cette fois-ci par l'Etat

4,7 milliards, c'est le montant que l'Etat belge va payer pour obtenir la moitié des actions de Fortis.

Au cours de 5.2 €, dernier cours fait et cours sous évalué, la capitalisation boursière était de plus de 12 milliards. Les actionnaires vont donc perdre encore 60 % de leur mise.

Deminor et Test Achats avaient réagi lors de la dernière augmentation de capital.

Réagiront-ils demain?

Rien que les 10 milliards de la vente d'ABN valorise l'apport de l'Etat à 4.9 milliards.

Si l'Etat commence maintenant à spolier ses propres administrés...


Update: je dois vérifier mes chiffres: si vous en avez de plus précis, je suis preneur.
Update: je crois que la Commission européenne est digne de foi. Selon eux, la prise de participation s'est faite au cours de bourse (5.2 € donc) Je m'étais donc planté. Mais c'est vrai que tout cela n'est pas très transparent: les Etats ont pris des participations dans les filiales locales alors que la société cotée est la société mère qui détenait 100 % de chacune des filiales. En moyenne pour les trois pays, cela repréente tout de même le tiers de la valeur intrinsèque et...un rapport cours/bénéfice (de l'an passé) de 3....

Update: le marché ne fait pas plus confiance à l'Etat; baisse de 23 % alors que vendredi avait déjà été catastrophique

mardi 23 septembre 2008

Plan marshall, je rêve ou quoi

Je crois rêver quand je lis sur le site du plan Marhall

"25 nouveaux projets ont été labellisés le 22 mai dernier. Ces projets vont permettre la création de 549 emplois directs et indirects !"

Extraordinaire. Un Wallons sur plus 7.000 va donc trouver un emploi!

1 chômeur sur plus de 500 va trouver un emploi. Champagne!

Comme le dit Grand Barnum, "C'est comme entrer en religion ..."

J'essaye de comprendre. Sont-ils vraiment sérieux? Croient-ils vraiment ce qu'ils disent?